Le programme d’Emmanuel Macron et l’Avenir en commun

Un outil de melenchon2022.fr qui vous permet de comparer les programmes de 2022 avec l‘Avenir en Commun

Nous lançons un comparateur de programmes. L’objectif : vérifier le degré de compatibilité de textes programmatiques sortis ces derniers mois avec l’Avenir en commun.

Emmanuel Macron, président de la République sortant et candidat à sa réélection, a présenté son programme le 17 mars. Nous l’analysons ci-dessous.

Convergences avec l'AEC

  • Quelques très légers points de détails. On peut cependant remarquer que Macron parle des “nouvelles frontières” de l’humanité et de “planification” dans son programme, termes empruntés à l’Avenir en commun.

Points de l'AEC n'apparaissant pas

  • La sixième République
  • La refondation d’une police républicaine, débarrassée de ses éléments violents
  • La légalisation du cannabis
  • La règle verte
  • Le passage au 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050
  • La sortie du nucléaire
  • La lutte contre la maltraitance animale
  • L’eau
  • L’augmentation du SMIC
  • Le retour au plein emploi, par la garantie d’emploi
  • L’allocation d’autonomie de 1063 euros par mois pour les jeunes
  • Le blocage des prix des produits de première nécessité
  • La gratuité des premières quantités d’énergie
  • L’accès garanti à l’eau potable
  • La lutte contre l’illettrisme
  • La reconstruction des services publics : justice, hôpital, éducation
  • La sortie de l’OTAN
  • Une politique migratoire réaliste et humaine
  • La liberté du genre
  • Le droit à l’IVG inscrit dans la Constitution
  • L’attribution d’un milliard pour lutter contre les violences sexistes
  • La lutte pour l’autonomie des personnes en situation de handicap
  • La francophonie

Désaccords ou nuances avec l'AEC

    • Réduire les impôts de production qui pèsent sur l’industrie et l’agriculture, notamment en supprimant la CVAE pour toutes les entreprises. La baisse de impôts de production opérée sous ce quinquennat n’a eu aucun effet positif. Pour réindustrialiser la France, L’Avenir en commun propose un plan d’investissement de 200 milliards et le protectionnisme écologique et solidaire

       

       

    • Poursuivre la construction de 6 premières centrales nucléaires nouvelle génération.  L’Avenir en commun propose de passer au 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050

    • Tripler la prime dite “Macron” sans charges ni impôts. Plutôt que d’augmenter leurs salaires et leur garantir les moyens de mener une vie digne, Macron a créé une prime, financée sur de l’argent public, ne s’appliquant qu’aux très bas salaires. Avec l’AEC,  le SMIC sera augmenté à 1400 euros net
    • Supprimer la « redevance télé » et garantir l’indépendance de l’audiovisuel public. Emmanuel Macron reprend une revendication ancienne de l’extrême-droite, destinée à affaiblir les médias publics, au profit des médias privés. Cette proposition ne peut être justifiée par la volonté de justice fiscale : Macron a supprimé l’ISF et a refusé de baisser la TVA sur les produits de première nécessité
    • Le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Une poursuite des concertations sur un régime universel plus simple, seulement pour les générations futures, en construisant les compromis nécessaires. L’Avenir en commun propose la retraite à 60 ans pour 40 annuités
    • L’assurance chômage plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé. Le nombre d’emplois non pourvus faute de candidats est extrêmement bas, cette mesure n’aurait aucun effet incitatif et relève d’une stratégie de bouc émissaire. L’AEC propose de rétablir une assurance-chômage protectrice 
    • Poursuivre la modernisation du code du travail engagée avec les ordonnances de 2017. Macron poursuit ici l’entreprise néolibérale de destruction du modèle social français, l’AEC propose de revenir sur ces ordonnances
    • Le RSA conditionné à une activité effective qui permet l’insertion. Dans ses déclarations publiques, Macron a affirmé vouloir faire travailler les allocataires du RSA 15 à 20h par semaine. Cette réforme équivaudrait en fait à une suppression du RSA, et à son remplacement par un emploi de 15 à 20h par semaine, rémunéré en dessous du SMIC, à 565 euros par mois, qui ne conférerait au travailleur aucun des droits associés ordinairement au contrat de travail (congés payés, droit à la formation, cotisations pour la retraite). L’AEC propose une garantie dignité de sorte que personne ne vive sous le seuil de pauvreté, sans contrepartie
    • Faire du lycée professionnel une voie d’excellence, avec la méthode qui a réussi sur l’apprentissage. L’Avenir en commun refuse la logique du tout-apprentissage et propose de supprimer les aides à l’apprentissage versées aux entreprises de manière à privilégier la formation professionnelle sous statut scolaire, de rétablir le bac professionnel en 4 ans et le CAP en 3 ans et de renforcer la place des enseignements généraux dans la filière professionnelle
    • Rendre Parcoursup plus prévisible en donnant les résultats précis des années précédentes et en accompagnant mieux les familles. Le problème de Parcoursup n’est pas le manque de prévisibilité, mais la logique de sélection qu’il instaure dans l’accès aux filières. L’AEC propose d’abolir Parcoursup, mais aussi de sortir de la logique de sélection dans l’enseignement supérieur : tout jeune doit pouvoir y avoir accès
    • Assurer l’autonomie stratégique de l’Europe par la définition d’une doctrine commune, un renforcement considérable des capacités des armées européennes et de leur coordination. L’AEC refuse l’Europe de la défense, miroir aux alouettes, antidémocratique, otanienne et inefficace depuis toujours


Vivre libres et citoyens

Le programme d’Emmanuel Macron s’inscrit dans une perspective opposée à celle de l’Avenir en commun. Une 6e République n’est pas envisagée, tandis que les propositions en matière de justice et de sécurité s’inscrivent dans la continuité de la surenchère et de l’austérité mise en œuvre durant le précédent quinquennat.

Chapitre 1 : Démocratie et institutions

Démocratie et institutions

  • Mettre en place d’une convention transpartisane afin de moderniser nos institutions, pour plus d’efficacité et de vitalité démocratique. L’Avenir en commun propose donc de convoquer une Assemblée Constituante, chargée d’écrire une nouvelle constitution, qui sera soumise à un référendum

Médias

  • Le lancement d’États généraux pour le droit à l’information, afin de lutter contre toutes les tentatives d’ingérence et donner aux journalistes le meilleur cadre pour remplir leur mission essentielle, en associant les citoyens. Macron proclame ici des intentions louables. Pourtant, il a refusé d’accorder l’asile au journaliste Julian Assange, fondateur de Wikileaks, l’organisateur d’une gigantesque fuite de documents confidentiels sur les crimes de guerre américains. Il a également refusé d’accueillir Edward Snowden, ex-agent de la CIA et lanceur d’alerte ayant révélé l’espionnage massif du monde entier par les services secrets américains. Pour Macron, l’alignement sur le département d’Etat américain passe avant la défense des journalistes et des lanceurs d’alerte. Mélenchon propose d’accueillir Julian Assange et Edward Snowden, et de renforcer les protections légales des lanceurs d’alerte.

Chapitre 2 : Sûreté et justice

Justice

  • Pour les délits qui empoisonnent le quotidien, des amendes forfaitaires (comme c’est désormais le cas pour l’usage de cannabis ou l’occupation des halls d’immeuble), plutôt que des procédures longues. Elles pourront être prélevées directement sur les revenus. L’Avenir en commun ne s’inscrit pas dans cette logique et veut revenir à des délais de jugement raisonnables en permettant à la justice de disposer des effectifs nécessaires pour faire correctement son travail. Il s’agirait de recruter 65 000 personnels
  • Pour les mineurs délinquants, la possibilité d’un encadrement par des militaires. L’Avenir en commun refuse la confusion entre les mission de la police, de la justice et de l’armée. Pour les mineurs, il privilégie la prévention : Un plan de recrutement d’éducateurs spécialisés et d’éducateurs de rue dans les clubs de prévention, en lien avec les conseils départementaux, affirmer la prise en charge inconditionnelle et le secret professionnel garantissant la relation de confiance avec l’éducateur, assurer la coordination entre acteurs de la prévention et police dans le respect des prérogatives de chacun ou encore assurer le lien avec la protection judiciaire de la jeunesse et le service pénitentiaire d’insertion et de probation
  • 8 500 magistrats et personnels de justice supplémentaires d’ici 2027. Cette mesure va à l’encontre de la politique menée par le président sortant. L’AEC prévoir 65 000 recrutement afin de parvenir au niveau des principaux pays de l’UE
  • Une privation de droits civiques pour ceux qui s’en prennent aux dépositaires de l’autorité publique. Utilisée à mauvais escient, cette mesure pourrait permettre de priver en masse du droit de vote des militants politiques, sur une simple accusation de la part d’un policier ou d’un agent de l’Etat. L’AEC défend le principe de proportionnalité des peines

Sécurité

  • Mise en œuvre du recrutement de 1 500 cyberpatrouilleurs. Macron ne précise pas dans quel service ces nouveaux agents seront intégrés. L’Avenir en commun explique vouloir augmenter massivement les effectifs de la plateforme PHAROS chargée des signalements de contenus illégaux sur Internet (terrorisme, pédocriminalité), restés dramatiquement bas sous la présidence Macron
  • Achever le doublement de la présence des forces de l’ordre sur la voie publique et le déploiement de 200 nouvelles brigades pour plus de gendarmes en ruralité. Le doublement de la présence dans les rues suppose-t-il de recruter plus de policiers, ou simplement d’affecter différemment les forces existantes ? Macron ne le précise pas. L’Avenir en commun, lui, propose de recruter des policiers sur des objectifs politiques précis (lutte contre les trafis, la délinquance financière, etc.)
  • Doubler la présence des forces de l’ordre dans les transports aux moments critiques et triple l’amende contre le harcèlement de rue, pour la sécurité des femmes. Engagement faible : La présence serait « doublée », aujourd’hui quasiment inexistante, et seulement aux « moments critiques », non définis. Par ailleurs, le principe même de cette politique sécuritaire de lutte contre le harcèlement est contesté par les féministes. L’AEC propose un plan complet d’un milliard pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles
  • Constituer une Force d’action républicaine pour rétablir en urgence l’ordre dans les quartiers en crise. Pour lutter contre l’abandon des quartiers populaires et des zones rurales, L’Avenir en commun propose d’investir massivement dans les services publics et d’accorder des budgets conséquents à la justice, à l’éducation, à la lutte contre la pauvreté et le chômage. Enfin, les relations entre la police et les habitants des “quartiers” seraient pacifiées par la suppression des BAC, l’instauration d’un récépissé pour le contrôle d’identité et la création d’une police de proximité
  • Faciliter le dialogue entre police, gendarmerie et population sur les priorités de sécurité de proximité, notamment par messageries instantanées. Cette mesure qui confine à l’auto-parodie occulte le vrai problème : pour rétablir la confiance entre le peuple et la police, il faut en finir avec les violences policières, au quotidien et dans les manifestations. L’AEC propose de refonder la police : l’IGPN doit être remplacée pour permettre de réellement condamner les policiers violents, les militants politiques condamnés (Gilets jaunes, écologistes) doivent être amnistiés et la police doit se voir interdire l’usage de certaines armes et de certaines techniques dangereuses (Flash Ball, grenades de désencerclement, bombes lacrymogènes, techniques d’immobilisation prétendument non létales, technique de la nasse)
  • La possibilité de déposer plainte en ligne pour de nombreux délits (piratages de carte bancaire, vols…) sans plus avoir besoin d’aller au commissariat. Pour l’AEC, la priorité est la mise en place d’un plan de rénovation et de construction des locaux, en luttant en priorité contre la clochardisation des commissariats et l’abandon de certains territoires, et en alliant accueil digne, garantissant la confidentialité, et impératifs opérationnels
  • Un filtre anti-arnaques avertira en temps réel tous les usagers d’Internet avant qu’ils ne se rendent sur un site potentiellement piégé. Contre les cyberarnaques, mise en place d’un numéro joignable en permanence pour être conseillé et accompagné. L’Avenir en commun privilégie les recrutement dans les dispositifs dédiés à faire face à ces fléaux : DGCCRF, PHAROS, magistrats spécialisés, etc.

Terrorisme

  • Poursuite de la fermeture des associations et des mosquées radicales, des écoles clandestines, de l’expulsion de prêcheurs radicalisés, du contrôle des financements étrangers. Macron réussit l’exploit de ne pas mentionner les services de renseignement dans sa section consacrée à la lutte contre l’islam radical. Pourtant, la prévention des attentats tient d’abord à l’investissement massif dans les services de renseignement, et en particulier dans le renseignement humain, plus cher mais plus efficace pour infiltrer les réseaux terroristes et déjouer les attentats. C’est cette solution que met en avant l’Avenir en commun.


S’adapter au système de la nature

Si Emmanuel Macron reprend à l’Avenir en commun le terme “planification”, les propositions affichées ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. L’eau n’est pas évoquée, les propositions quant aux forêts ou à la biodiversité sont réduite à portion congrue, tandis que le 100% énergies renouvelables est rejeté au profit de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Chapitre 3 : Planification écologique et organisation du pays

Planification

  • Une planification déclinée dans chaque territoire, par les régions, départements, communes, pour des choix locaux sur la production d’énergie (solaire, éolien…) et la décarbonation. Plutôt qu’une affirmation flou, l’AEC propose d’adopter des lois cadres instaurant une planification écologique et démocratique coordonnant les niveaux national et local et de donner les moyens humains et financiers à l’État et ses opérateurs publics (comme le Cerema, l’Office national des forêts, l’Office français de la biodiversité ou Météo France) pour mener à bien leur rôle de planification
  • Une planification déclinée dans chaque grand secteur économique, avec une négociation entre tous les acteurs pour déployer les solutions de décarbonation, coordonner les investissements, organiser la transformation des emplois… Macron ne fixe aucun objectif précis de décarbonation, renvoyant la décision à de futures négociations. Les Français sont donc appelés à voter pour un programme qui n’explique rien en détails, ne donne pas d’objectifs chiffrés, et se contente de faire allusion des discussions futures
  • Une action renforcée en faveur des territoires ultramarins pour faire face aux catastrophes naturelles et à la pollution environnementale (tremblements de terre, sargasses, chlordécone…). Le gouvernement de Macron a sauvagement réprimé les manifestations contre la pollution au chlordécone. Comment croire qu’il puisse sincèrement mettre en œuvre les plans de dépollution réclamés par les habitants ? Sans parler des revendications d’indemnisations, qui sont elles totalement absentes du programme du président sortant

Organisation et aménagement du territoire

  • Simplifier le mille-feuille territorial  : les élus départementaux seront les mêmes que les élus régionaux, avec un seul « conseiller territorial ». Les compétences seront clarifiées  : une mission, un responsable. Pourquoi fusionner les fonctions des élus départementaux et régionaux sans pour autant supprimer l’un des deux échelons, départements ou régions ? Les conseillers territoriaux disposeraient-ils d’une administration unique ou devraient-ils gérer à la fois l’administration régionale et les administrations départementales ? Quoique le programme soit trop imprécis pour qu’on puisse donner un avis informé, il semble assuré que ces réformes ajouteront de la confusion au lieu de la réduire.  L’Avenir en commun propose d’affirmer les trois échelons d’organisation décentralisée (communes, départements, régions) pour mettre fin à la superposition d’échelons technocratiques (métropoles, intercommunalités géantes…) qui éloigne les citoyens des prises de décision
  • Renforcer le réseau des sous-préfectures à travers la France et continuer le développement des maisons France services. Tandis que la proposition sur les sous-préfectures est floue, les Maisons France Services illustrent la dérive qui impose aux collectivités de se substituer à l’Etat sans avoir les moyens réels de le faire. L’AEC propose de réaffirmer le rôle du département comme échelle pertinente pour organiser un maillage équilibré du territoire en services publics essentiels à la population
  • Un guichet unique pour toutes les démarches (CAF, papiers d’identité…) et un numéro unique avec une personne au bout du fil. Sous couvert de simplification, cette proposition dévalorise les métiers

Chapitre 4 : Les grands défis de la bifurcation écologique

Produire en France

  • Réduire les impôts de production qui pèsent sur l’industrie et l’agriculture, notamment en supprimant la CVAE pour toutes les entreprises. La baisse de impôts de production opérée sous ce quinquennat n’a eu aucun effet positif. Pour réindustrialiser la France, L’Avenir en commun propose un plan d’investissement de 200 milliards et le protectionnisme écologique et solidaire
  • Réviser la politique d’achat de l’État  : l’objectif prioritaire sera d’acheter local, plutôt que d’acheter toujours moins cher, pour développer l’innovation et les filières françaises. Proposition extrêmement floue, elle a l’avantage de n’engager à rien. 
  • Continuer à soutenir des projets majeurs pour l’avenir  : mini-lanceurs spatiaux, biomédicaments, réacteurs nucléaires de troisième et quatrième générations. Les modalités de soutien n’étant pas indiquées, on peut penser qu’elle s’inscrivent dans la suite de celle mise en place sous le précédent quinquennat, qui ont montré leur inefficacité, notamment avec l’absence de vaccin français. L’AEC propose de financer des plans généraux de thèmes de recherche sur des secteurs d’avenir en rehaussant le niveau d’investissement public

Énergie

  • La multiplication par 10 de notre puissance solaire et l’implantation de 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050, et bâtir une filière française de production des énergies renouvelables. Continuer à investir pour devenir leader de l’hydrogène vert, produire des millions de véhicules électriques et hybrides, et le premier avion bas carbone. Si l’Avenir en commun partage l’ambition du développement des énergies renouvelables, Emmanuel Macron fait l’impasse sur le nucléaire, dont les coûts empêche l’investissement dans les renouvelables, et sur la nécessaire sobriété énergétique
  • Poursuivre la construction de 6 premières centrales nucléaires nouvelle génération. L’Avenir en commun propose de passer au 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050
  • Avoir une information claire dès l’achat sur l’impact environnemental des produits courants (cosmétique, vêtements…). La réduction de l’impact environnemental ne peut se limiter à une information du consommateur mais doit se faire par la bifurcation de notre modèle de production

Agriculture et alimentation

  • Une loi d’orientation et d’avenir pour assurer le renouvellement des générations, la formation et l’installation des jeunes agriculteurs. Macron défend le modèle agricole productiviste actuel. L’Avenir en commun propose une réforme agraire pour encourager l’installation de nouveaux agriculteurs et permettre le développement d’un tissu de nombreuses exploitations à taille humaine
  • Un investissement massif dans l’innovation  : robotique, numérique, sélection variétale. L’AEC défend une agriculture intensive en main d’oeuvre et d’investir dans la production écologiquement soutenable et le développement des protéines végétales
  • Un plan d’autonomie alimentaire dans chaque territoire ultramarin pour soutenir l’économie locale et lutter contre la vie chère. Macron n’évoque aucune mesure concrète, contrairement à L’Avenir en commun qui propose de tendre vers l’autosuffisance alimentaire grâce à l’agriculture paysanne écologique et des filières agroalimentaires locales, un bouclier douanier et une préférence commerciale

Transports

  • Une offre abordable de voitures électriques pour tous grâce à une filière 100% française. L’Avenir en commun ne mise pas de manière prioritaire sur la voiture électrique, mode de transport individuel, et donc beaucoup plus énergivore que le transport collectif. Il prévoit le développement massif du transport ferroviaire et du transport public routier.

Chapitre 5 : Protection des biens communs

Déchets

  • Dépolluer les anciennes décharges. Mesure trop floue.
  • Réduire massivement les exportations de déchets, en développant les filières industrielles françaises de recyclage. Si l’ambition est partagée, cela ne suffit pas : il est nécessaire de généraliser l’éco-conception et de réduire la production de déchets, recyclables ou non

Bien-être animal

  • Mieux assurer le recueil des animaux de compagnie abandonnés. L’Avenir en commun propose une stratégie complète et ambitieuse pour lutter contre la souffrance animale, passant d’abord par l’interdiction des fermes-usines, des élevages de production de fourrure, d’améliorer les conditions d’élevage, d’interdire les pratiques de chasse cruelles (déterrage, chasses à courre, combats de coqs, corridas, spectacles incluant des animaux sauvages), d’orienter la recherche vers des méthodes substitutives permettant de ne plus expérimenter sur des animaux, et d’interdire le dépôt de brevets sur les organismes vivants.  

Forêts

  • Planter 140 millions d’arbres d’ici la fin de la décennie, soit 2 arbres par Français et investir dans la filière française du bois. L’Avenir en commun exige l’extension des zones forestières protégées, et l’interdiction des coupes rases sauf en cas d’impasse sanitaire avérée, d’améliorer les conditions de travail des agents et d’augmenter les moyens humains et matériels de l’ONF

Biodiversité

  • Protéger toujours mieux nos littoraux, montagnes, forêts et espaces naturels. Cette mesure, d’un flou total, n’engagerait Macron à rien. L’AEC propose des mesures concrètes : bannir les pesticides en commençant par les interdire autour des zones habitées, lutter contre l’artificialisation des sols en empêchant notamment la multiplication des entrepôts géants, gérer durablement l’eau (dépollution et régies publiques)


Unir pour bien vivre

Si les propositions pour la santé sont très nombreuses, elles interrogent au vu de la politique menée ces dernières années. En matière d’emploi et de solidarité, le cap est clair : la destruction de modèle social français, que l’Avenir en commun propose de préserver et de renforcer.

Chapitre 6 : La vie en état de pandémie permanente

Santé

  • Articuler médecine de ville et hôpital, avec des leviers à construire ensemble  : « hôpital hors les murs » (ex. médecins exerçant en ville mais salariés de l’hôpital), désengorgement des urgences par une participation plus large aux gardes, numéro unique pour un rendez-vous médical dans les 48 heures si besoin… Pour les enfants, une détection précoce des écarts de développement (hyperactivité, dyslexie, obésité…) et un médecin traitant pour chacun. Sans moyens mis sur la table, cela apparaît comme un voeu pieux
  • Aux âges clés (25, 45, 60 ans), un bilan de santé complet et gratuit. Pour garantir la santé tout au long de la vie, Macron propose seulement trois “bilans de santé” gratuits. L’Avenir en commun propose de faire rembourser à 100% tous les soins par la Sécurité sociale, et d’instaurer des visites médicales obligatoires régulières dans le cadre de la médecine du travail (rétablissement des visites médicales obligatoires à l’embauche, instauration de visités périodiques dans la carrière, y compris pour les personnes au chômage, avec une visite obligatoire au bout de six mois).
  • Pour les patients ayant une maladie chronique, un accompagnement personnalisé et connecté (ex. télésurveillance de la glycémie). Le députés LREM ont refusé d’inscrire l’endométriose parmi les maladies de longue durée, malgré le vote favorable à l’Assemblée nationale d’une résolution portée par Clémentine Autain (LFI). Après une telle forfaiture, Macron ose poser en défenseur des personnes souffrant de maladies de longue durée.
  • Une politique ambitieuse pour la santé des femmes. Macron n’évoque aucune mesure précise. Pendant son quinquennat, il a mené une politique hostile à la santé des femmes en refusant d’inscrire l’endométriose dans la liste des maladies de longue durée. L’Avenir en commun propose de nombreuses mesures concrètes pour améliorer la santé des femmes, notamment le remboursement de la PMA, la gratuité des protections périodiques, le remboursement du traitement hormonal de la ménopause et l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution.
  • Des plans de détection et de prévention relatifs à la santé mentale, à l’infertilité, à la drépanocytose… Cette proposition, toujours très floue, occulte entièrement la question des moyens. L’Avenir en commun propose de financer correctement l’hôpital public, en engageant un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin et du médico-social, en revalorisant les métiers et les revenus et en augmentant les capacités d’accueil des établissements de santé publics.
  • Un plan de recrutement d’infirmiers et d’aides-soignants. La quinquennat a été marqué par la suppression de 17 600 lits et la fermeture de 34 établissements de santé publics. Les métiers d’infirmiers et d’aide-soignants souffrent aujourd’hui d’une terrible crise de vocation, en raison de salaires très bas et de conditions de travail extrêmement dures. Un plan de recrutement d’infirmiers et d’aides-soignants devrait forcément être couplé à une revalorisation des salaires et des conditions de travail pour ces professions, comme le propose L’Avenir en commun
  • Rendre l’hôpital plus humain : moins de charges administratives pour les soignants, plus de responsabilités pour les paramédicaux et une place centrale des médecins dans la gouvernance. Proposition floue qui ne sera pas à même de résoudre les problèmes de l’hôpital
  • Relocaliser en France la production de médicaments. Pendant la crise du Covid, le gouvernement Macron a refusé de réquisitionner les entreprises produisant du matériel médical utile pour lutter contre la pandémie (masques, tests, purificateurs d’air). La stratégie du gouvernement pour encourager la production de médicaments en France est connue: l’attribution de crédits d’impôts énormes sans contreparties aux grands groupes pharmaceutiques. L’Avenir en commun propose de créer un pôle public du médicament, chargé de plusieurs missions: assurer une relocalisation de la production de médicaments, garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique, assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et communiquer sur leurs coûts réels, permettre la transparence sur le financement de la recherche et du développement, mettre en place une conditionnalité des aides perçues par les entreprises privées pour la recherche de vaccins et médicaments, produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés sous licence d’office.
  • Continuer à développer 20 biomédicaments et biotechnologies (notamment contre les cancers), des technologies nouvelles comme les exosquelettes. Macron fait des promesses à connotations futuristes, voire transhumanistes. Pourtant, les Français ne sont toujours pas soignés correctement, en particulier pour les soins dentaires et l’ophtalmologie.  L’Avenir en commun propose de rembourser à 100% tous les soins par la Sécurité sociale
  • Appuyer les médecins, avec des leviers à construire ensemble  : assistants pour aider le médecin, possibilité pour les pharmaciens et infirmiers de réaliser davantage de prescriptions et d’actes de prévention. Macron promet de remplacer les médecins par des travailleurs moins qualifiés (assistants, pharmaciens) pour certains actes, ce qui contribuerait à dégrader la qualité des soins.
  • Développement de la téléconsultation, permanences ponctuelles dans les territoires
  • les moins dotés, régulation de l’installation…Plutôt que du rafistolage, l’AEC propose le recrutement de médecins publics, l’augmentation des moyens des facultés de médecine pour permettre une véritable suppression du numerus clausus, la mobilisation de la médecine libérale et hospitalière, des coopératives médicales, etc.

Chapitre 7 : Plein emploi

Salaires et revenus

  • Tripler la prime dite “Macron” sans charges ni impôts. Plutôt que d’augmenter leurs salaires et leur garantir les moyens de mener une vie digne, Macron a créé une prime, financée sur de l’argent public, ne s’appliquant qu’aux très bas salaires. Avec l’AEC,  le SMIC sera augmenté à 1400 euros net
  • Avoir obligatoirement un dispositif de partage des profits (prime « Macron » ou participation ou d’intéressement) dans les entreprises qui versent des dividendes. La prime Macron n’est en rien un dispositif de “partage des profits”, puisqu’il repose sur la bonne volonté de l’employeur. L’AEC propose une mesure contraignante et précise : plafonner les versements de dividendes aux actionnaires en limitant la part des bénéfices qui leur est distribuée à la part versée aux employés
  • Baisser les charges pour les indépendants. La baisse des cotisations sociales et patronales est un cadeau empoisonné pour les Français les plus modestes: à court terme, il se traduit par des augmentations de salaires, mais à long terme, il se traduit par une baisse de l’investissement dans les services publics et donc par une baisse de qualité de vie pour tous. Pour les indépendants, l’AEC propose de remplir le carnet de commandes en lançant des grands chantiers écologiques, créateurs d’emplois
  • Faire dépendre obligatoirement la rémunération des dirigeants des grandes entreprises du respect des objectifs environnementaux et sociaux de l’entreprise. L’Avenir en commun propose de mettre fin aux rémunérations indécentes dans le privé en instaurant un rapport maximal de 1 à 20 entre le plus bas et le plus haut salaire dans une même entreprise

Retraites

  • Le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Une poursuite des concertations sur un régime universel plus simple, seulement pour les générations futures, en construisant les compromis nécessaires. L’Avenir en commun propose la retraite à 60 ans pour 40 annuités
  • La juste prise en compte des cas d’incapacité, des carrières longues ou pénibles. Mesure imprécise
  • La suppression des principaux régimes spéciaux (EDF, RATP…). Macron pointe du doigts certains régimes, pourtant minoritaires et justifiés par un travail pénible. L’Avenir en commun les préservera
  • Une mobilisation pour prévenir l’usure professionnelle et lutter contre le chômage des seniors. Macron prétend “prévenir l’usure professionnelle”, mais ne propose pas, par exemple, de reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, comme le fait L’Avenir en commun. L’Avenir en commun propose un autre idéal : plutôt de lutter pour faire travailler les seniors le plus longtemps possible, leur permettre de partir à la retraite dès 60 ans
  • Rémunérer les volontaires proches de la retraite ou à la retraite qui souhaitent faire profiter la société de leur expérience (aide aux devoirs, au montage de projet, transmission des savoir-faire…) en créant un service d’appui de travailleurs seniors. Proposer un cumul emploi-retraite plus simple et plus avantageux, pour ceux qui souhaitent travailler plus longtemps et effectuer une transition souple vers la retraite. Ces deux propositions témoignent d’une claire volonté du président sortant de précariser les emplois des seniors et de mettre au travail les personnes âgées. Avec l’Avenir en commun, on pourra partir à 60 ans à taux plein avec 40 annuités de cotisation
  • Augmenter la pension minimale à taux plein à 1 100 euros par mois. Cette proposition ne règle en rien le problème des petites retraites. De nombreux travailleurs, et en particulier des femmes, n’ont pas accompli de carrière complète, pour des raisons diverses (entrée tardive sur le marché du travail, maladies, nécessité de s’occuper d’enfants). Il y a donc des milliers de retraités pauvres en France. L’Avenir en commun propose la retraite minimum à 1400 euros net pour une carrière complète, et la retraite minimum à 1063 euros net

Droit des travailleurs

  • Poursuivre la modernisation du code du travail engagée avec les ordonnances de 2017. Macron poursuit ici l’entreprise néolibérale de destruction du modèle social français, l’AEC propose de revenir sur ces ordonnances
  • Former, avant la fin de la décennie, 1 million de personnes aux métiers d’avenir (intelligence artificielle, énergie, transition écologique…) dont plus de 400 000 spécialistes informatiques.Emmanuel Macron n’évoque pas le rôle de l’Etat dans ce processus, et ne fixe aucun objectif en termes d’investissement. L’Avenir en commun propose d’investir massivement dans la recherche universitaire, et de dépenser 200 milliards pour la bifurcation écologique. Afin de former les travailleurs tout au long de leur vie, il propose de rendre effectif un droit à la formation de 36 heures par an pour tout travailleur, qu’il soit salarié ou chômeur
  • Pouvoir travailler plus à certains moments et moins à d’autres, avec un « compte épargne-temps universel » pour monétiser ses RTT, jours de congés ou bien les mettre de côté et choisir, plus tard dans la vie, d’avoir plus de temps pour soi et ses proches. Macron propose aux Français de pouvoir vendre leurs semaines de congés-payés, permettant aux mauvais employeurs de faire pression en ce sens. L’Avenir en commun propose une sécurité sociale professionnelle assurant la continuité des droits personnels (à la formation, aux congés, à l’ancienneté…), hors du contrat de travail, et les transférant d’un contrat à l’autre

Emploi et chômage

  • L’assurance chômage plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé. Le nombre d’emplois non pourvus faute de candidats est extrêmement bas, cette mesure n’aurait aucun effet incitatif et relève d’une stratégie de bouc émissaire. L’AEC propose de rétablir une assurance-chômage protectrice 
  • Pôle emploi transformé en « France Travail » par la mise en commun des forces de l’État, des régions, des départements et des communes. Cette proposition,  qui vise un simple effet d’annonce, participe à une stratégie plus vaste de culpabilisation des chômeurs, visant à faire croire que les chômeurs sont responsables du chômage de masse

Chapitre 8 : Partage des richesses

Pauvreté

  • Le RSA conditionné à une activité effective qui permet l’insertion. Dans ses déclarations publiques, Macron a affirmé vouloir faire travailler les allocataires du RSA 15 à 20h par semaine. Cette réforme équivaudrait en fait à une suppression du RSA, et à son remplacement par un emploi de 15 à 20h par semaine, rémunéré en dessous du SMIC, à 565 euros par mois, qui ne conférerait au travailleur aucun des droits associés ordinairement au contrat de travail (congés payés, droit à la formation, cotisations pour la retraite). L’AEC propose une garantie dignité de sorte que personne ne vive sous le seuil de pauvreté, sans contrepartie
  • Réduire la pauvreté en versant automatiquement les aides (prime d’activité, allocations familiales, APL, RSA) à ceux qui y ont droit, pour éviter le non-recours et la fraude. Hypocrite de la part d’un président qui a baissé les APL, refusé de déconjugaliser le versement de l’AAH et veut conditionner le versement du RSA à un travail obligatoire. Si le versement du RSA est automatique, et si le versement du RSA est conditionné à 15 à 20h de travail par semaine, ne s’agirait-il pas d’une forme de travail forcé ?

Logement

  • 700 000 logements par an rénovés avec des solutions proposées à tous les Français, dont certaines sans aucune avance de frais. L’Avenir en commun fixe le même objectif, mais précise clairement que le montant des aides à la rénovation dépendra des revenus des ménages. Il propose également d’interdire réellement la location des logements mal isolés (“passoires thermiques”) et d’instaurer un “guichet unique” public pour simplifier les démarches des propriétaires
  • Étendre la caution publique pour les locataires afin de faciliter l’accès au logement tout en sanctionnant les mauvais payeurs. L’AEC a une proposition plus ambitieuse et précise de garantie universelle des loyers
  • Donner la responsabilité en matière de logement, et les financements qui vont avec, aux communes et aux intercommunalités. L’AEC propose d’aggraver les sanctions contre les communes hors la loi et de permettre au préfet de se substituer au maire quand nécessaire

Fiscalité

  • Supprimer la « redevance télé » et garantir l’indépendance de l’audiovisuel public. Emmanuel Macron reprend une revendication ancienne de l’extrême-droite, destinée à affaiblir les médias publics, au profit des médias privés. Cette proposition ne peut être justifiée par la volonté de justice fiscale : Macron a supprimé l’ISF et a refusé de baisser la TVA sur les produits de première nécessité
  • Permettre à tous les couples vivant ensemble de réduire leurs impôts comme s’ils étaient mariés ou pacsés. L’AEC propose de refonder cette fiscalité par la suppression du quotient conjugal, qui profite surtout à très riches
  • Aucun impôt sur les successions jusqu’à 150 000 € par enfant, aucun impôt jusqu’à 100 000 € transmis aux autres membres de la famille (petits-enfants, neveux, nièces, etc.). L’Avenir en commun partage avec Macron sa volonté de supprimer la taxation sur les “petits” héritages, proposant de ne pas taxer les héritages en dessous de 120 000 euros (contre 150 000 pour Macron). Mais alors que Macron veut affaiblir la taxation sur les héritages (100 000 euros transmis librement à n’importe quel membre de la famille), Mélenchon veut la renforcer pour les héritages des ultra-riches : un “héritage maximum” de 12 millions d’euros par personne sera créé. Les sommes léguées au-delà de 12 millions d’euros par personne seraient affectées au financement d’une garantie d’autonomie pour les jeunes étudiants, d’un montant de 1063 euros par mois

ESS

  • Multiplier les « tiers-lieux » (espaces de travail partagés, de production locale, de recyclage…). Si l’idée est intéressante, Emmanuel Macron n’explique pas comment il compte s’y prendre


Humaniser les personnes et la société

Les propositions concernant ces enjeux sont soit loin d’être à la hauteur, soit dans une logique réactionnaire inspirée de la droite. Les revendications de nombreux secteurs professionnels ignorés durant le quinquennat d’Emmanuel Macron continuent de l’être dans son programme. 

Chapitre 9 : Égalité

République universaliste

  • Accueil facilité des combattantes et combattants de la liberté. Cette proposition va à l’encontre de la politique menée par Emmanuel Macron, comme le montre les dossiers Assange et Snowden ou les prisonniers politiques kurdes livrés à Erdogan.
  • Un «  testing  » de chaque entreprise de plus de 5 000 salariés  : les résultats seront rendus publics, les entreprises coupables poursuivies. L’AEC ne se limite pas aux grandes entreprises mais propose de mettre en œuvre un plan d’action global contre les discriminations (emploi, logement, éducation, santé…)
  • Une caution publique élargie pour les locataires qui aidera à lutter contre les discriminations dans le logement. L’AEC a une proposition ambitieuse de garantie universelle des loyers à laquelle s’ajoute la généralisation des campagne de testing
  • Titres de long séjour seulement pour ceux qui réussissent un examen de français et s’insèrent professionnellement. L’AEC s’oppose à cette politique de stigmatisation, et propose de faciliter l’accès aux visas, régulariser les travailleurs, étudiants, parents d’enfants scolarisés et instituer la carte de séjour de dix ans comme titre de séjour de référence
  • Expulsion des étrangers qui troublent l’ordre public. L’AEC s’oppose à cette logique de double peine reprise de l’extrême-droite

Fin de vie

  • Accompagner le deuil en simplifiant au maximum les démarches pour la famille. Cette proposition est très vague, mais aussi particulièrement cynique, puisque que les députés LREM ont refusé d’étendre les congés pour les parents en deuil en cas de décès d’un enfant. 
  • Une fin de vie plus humaine  : lancer une convention citoyenne qui associera citoyens, spécialistes de l’éthique, professionnels. Promesse qui n’engage à rien. Macron ne s’engage même pas à respecter la décision de la convention citoyenne. L’Avenir en commun propose de reconnaître le droit à mourir dans la dignité et de l’inscrire dans la Constitution.

Handicap

  • Augmentation jusqu’à 35 heures du temps de travail des accompagnants des élèves en situation de handicap pour les revaloriser et mieux aider les enfants. L’AEC propose plusieurs mesures dont augmenter le nombre des enseignants référents pour la scolarisation des élèves en situation de handicap afin de garantir un suivi individualisé de qualité et créer un véritable service public d’accompagnement des élèves en situation de handicap, avec un nouveau corps de fonctionnaires et un service de 24h pour un temps plein

Vieillissement

  • Pouvoir choisir de rester chez soi  : un service du maintien à domicile avec un seul interlocuteur pour l’aidant ou la personne âgée pour organiser tous les services et une « Prime Adapt’ » prenant en charge, selon les ressources, jusqu’à 70% des coûts des travaux d’adaptation (salle de bain, escaliers, etc.)
  • Plus de présence des aides à domicile auprès de nos aînés en instaurant 2 heures de convivialité par semaine pour réduire leur solitude tout en améliorant les conditions de travail des professionnels. Les revendications des aides à domicile, obtenir un statut et une rémunération fixe, au minimum au niveau du SMIC, portées par l’Avenir en commun sont entièrement ignorées par le programme de Macron, qui conditionne l’obtention d’un meilleur salaire à un travail plus long et plus pénible
  • Recruter 50 000 infirmiers et aides-soignants supplémentaires en EHPAD d’ici 2027 (25% de plus qu’aujourd’hui). Les EHPAD devront donner un rôle plus important aux soignants, aux familles et aux résidents dans la gestion de l’établissement. La promesse d’Emmanuel Macron est bien trop basse compte tenu des besoins actuels. L’Avenir en commun propose de créer 10 000 places en Ehpad publics tous les ans pendant cinq ans, soit 50 000 sur tout le quinquennat, et de recruter 210 000 personnes (soit plus que doubler les effectifs actuels), pour pouvoir respecter un ratio minimal d’encadrement au chevet des résidents

Chapitre 10 : Émancipation

Culture

  • Des nouvelles commandes publiques artistiques à travers la France pour soutenir les jeunes créateurs. Macron parle de “nouvelles commandes”, sans expliquer s’il continuera le programme de commandes artistiques au rythme actuel, s’il augmentera ou s’il diminuera le budget de ces commandes. Il s’agit donc d’une promesse vide. L’AEC propose de développer une vraie politique d’insertion professionnelles pour les travailleurs de l’art diplômés en lien avec les collectivités territoriales, notamment par la commande publique
  • Un investissement pour construire des métavers européens et proposer des expériences en réalité virtuelle, autour de nos musées, de notre patrimoine et de nouvelles créations, en protégeant les droits d’auteur et droits voisins. Les mondes virtuels immersifs qui existent actuellement reproduisent et amplifient les logiques néolibérales et consuméristes : ce n’est pas acceptable. Enfin, une concentration du métavers dans les mains de quelques oligarques se profile.
  • Une extension du pass culture pour accéder plus jeune à la culture. Plutôt que de baisser les prix ou d’augmenter les salaires, Macron se limite à la distribution occasionnelle de chèques-cadeaux, mais par l’extension de la gratuité des musées et par l’amélioration durable du pouvoir d’achat des Français. L’Avenir en commun propose de consacrer 1% du PIB à la culture, notamment dans l’éducation artistique et culturelle

Chapitre 11 : Éducation et formation

Éducation

  • Plus de sport  : 30 minutes par jour en primaire dès 2022, 2 heures en plus par semaine au collège.
  • Généralisation et renforcement des délégués « non au harcèlement scolaire » au collège et soutien aux plateformes 3018 et 3020.
  • Augmenter les heures de français et de mathématiques en primaire et en 6e et mettre les mathématiques dans le tronc commun du lycée. C’est Macron qui a supprimé les mathématiques du tronc commun. L’AEC propose notamment de replacer les disciplines au cœur des apprentissages en rétablissant des horaires suffisants et fléchés, y compris pour des dédoublements, pour chacune d’entre elles ; prévoir les moyens pour proposer partout des options (seconde langue vivante en 6e, langues anciennes, etc.) sans mettre en concurrence les disciplines ; Abroger la réforme du lycée général ; repenser son organisation afin de ne plus contraindre les élèves à renoncer à des enseignements disciplinaires indispensables à leur formation intellectuelle et à leur poursuite d’étude
  • Garantir l’accès à l’école  : dans les quartiers et la ruralité, quand c’est nécessaire, nous renforcerons l’offre éducative après la classe. Le problème de l’école n’est pas le manque d’offre éducative après la classe, mais les mauvaises conditions de travail du personnel et le nombre d’enfants par classe. L’Avenir en commun de recruter plus de professeurs pour parvenir à faire mieux que la moyenne européenne (19 élèves par classe) et de garantir le droit à l’école pour tous, en rendant l’école entièrement gratuite (gratuité de la cantine, des fournitures scolaires, des transports en commun, des activités périscolaires).
  • Faire du lycée professionnel une voie d’excellence, avec la méthode qui a réussi sur l’apprentissage. L’Avenir en commun refuse la logique du tout-apprentissage et propose de supprimer les aides à l’apprentissage versées aux entreprises de manière à privilégier la formation professionnelle sous statut scolaire, de rétablir le bac professionnel en 4 ans et le CAP en 3 ans et de renforcer la place des enseignements généraux dans la filière professionnelle
  • Connaître plus tôt pour mieux choisir plus tard  : tous les enfants découvriront, de la 5e à la 3e, plusieurs métiers, dont les métiers techniques et manuels ; Former mieux, et transmettre les savoirs fondamentaux, les principes de la République, les compétences nécessaires aux métiers de demain. L’AEC refuse d’assigner à l’école l’objectif de formater des individus employables, obéissants et adaptés au marché et lui donner l’objectif d’éduquer les consciences libres et autonomes des citoyens
  • Donner les mêmes chances à tous: garantie du remplacement des enseignants absents, suivi personnalisé, poursuite des classes dédoublées
  • Mieux reconnaître les enseignants. L’AEC propose des mesures concrètes : revaloriser le traitement des personnels de 15 % pour rattraper le gel du point d’indice et revaloriser les grilles indiciaires dans le cadre d’une négociation avec les organisations syndicales
  • La transparence sur tous les indicateurs de réussite éducative au niveau le plus local, plus de liberté pour les établissements dans leur organisation interne, pour le recrutement d’une partie de l’équipe pédagogique… Plutôt que la compétition et la transformation de l’école en entreprise, l’AEC propose d’instaurer une nouvelle carte scolaire mettant fin à la ségrégation scolaire et de mettre en œuvre une politique de l’éducation prioritaire répondant aux besoins éducatifs
  • Un pacte proposé à tous les enseignants avec, pour ceux qui l’acceptent, de nouvelles missions et des rémunérations augmentées en conséquence. Plutôt que de les stigmatiser, l’AEC propose de mieux recruter les enseignants, de leur offrir des perspectives d’évolution de carrière, de mieux les rémunérer et de reconnaître leur expertise

Enseignement supérieur et recherche

  • Rendre Parcoursup plus prévisible en donnant les résultats précis des années précédentes et en accompagnant mieux les familles. Le problème de Parcoursup n’est pas le manque de prévisibilité, mais la logique de sélection qu’il instaure dans l’accès aux filières. L’AEC propose d’abolir Parcoursup, mais aussi de sortir de la logique de sélection dans l’enseignement supérieur : tout jeune doit pouvoir y avoir accès
  • Ouvrir toutes les places nécessaires dans les filières du supérieur qui correspondent aux besoins de la Nation, à commencer par les BTS, BUT, licences pro, et réguler les filières qui ne mènent pas assez à l’emploi. Proposition floue, qui laisse transparaître un “flicage” des filières pro pas assez rentable

Service citoyen

  • Déployer le service national universel, expérimenté depuis 2017, pour nos jeunes. Pour ceux qui s’y engagent pleinement, le permis de conduire sera financé. Le Service national universel (SNU) est aussi coûteux qu’inutile. L’AEC propose un service citoyen obligatoire avant l’âge de 25 ans, rémunéré au SMIC revalorisé pendant neuf mois et ouvrant de nouveaux droits : formation, bilan de santé, permis de conduire
  • Pour ceux qui s’engagent dans la durée comme réservistes, les études seront financées à hauteur de 2 500 euros par an pendant 5 ans. Cette somme maintiendrait les jeunes sous le seuil de pauvreté. L’AEC propose une garantie d’autonomie à hauteur de 1 063 euros

Enfance

  • Pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle, avec la garantie d’une solution de garde accessible pour tout parent d’enfant de moins de trois ans. Macron ne fixe aucun objectif chiffré et ne promet aucun investissement important. L’Avenir en commun, au contraire, propose un projet clair et précis : créer un service public de la petite enfance, en ouvrant 500 000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans. Dans les crèches publiques, les conditions d’accueil des enfants seraient améliorées (en garantissant l’accès à un espace intérieur comprenant de la vraie végétation), de même que les conditions de travail du personnel (augmentation des moyens humains et matériels)


Ordonner le monde

Les propositions avancées par Emmanuel Macron n’incluent aucune réflexion quant à la diplomatie que devra mettre en œuvre la France durant le prochain mandat. Elles s’inscrivent dans la continuité de la politique atlantiste du précédent quinquennat.

Chapitre 12 : Europe

Europe

  • Mise en œuvre d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe pour éviter la concurrence déloyale (Il convient de préciser que la délégation LREM au Parlement européen refuse cette proposition et défend une extension du marché carbone de l’Union européenne)
  • Assurer son autonomie énergétique, en accélérant la décarbonation et le déploiement des énergies propres pour réduire sa dépendance au charbon, au gaz, au pétrole importés. Macron défend ici le recours massif à l’énergie nucléaire, assimilé à une ”énergie propre”. L’Avenir en commun propose de passer au 100% renouvelable d’ici à 2050
  • Assurer son autonomie technologique, en investissant pour développer ses champions, en se protégeant dans les domaines les plus stratégiques, en se dotant des infrastructures essentielles, comme un « cloud » et une constellation de satellites. L’AEC récuse la pertinence de l’échelle de l’UE pour agir sur ce dossier, eu égard aux intérêts divergents entre les Etats membres, et propose des coopérations ciblées et temporaires

Chapitre 13 : Une diplomatie altermondialiste pour la paix

Défense

  • Des innovations de rupture  : armes électromagnétiques, camouflage optique pour les véhicules de combat, drones sous-marins, missiles hypersoniques, nanosatellites de surveillance spatiale… livraison de plus de 60 chasseurs Rafale supplémentaires, 5 nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, 1 250 nouveaux véhicules blindés polyvalents. Pour l’AEC, au-delà de la nécessaire prospective sur les moyens, c’est davantage encore une réflexion sur les usages qui sera nécessaire. Concentrée sur les caractéristiques techniques de l’outil, la réflexion ne peut occulter la question de son emploi
  • Poursuite de l’objectif de 2% de notre PIB en dépenses militaires. L’AEC propose une nouvelle Loi de Programmation Militaire non déterminée a priori par un simple objectif financier mais fondée sur une analyse fine des besoins et un projet clairement articulé
  • Assurer l’autonomie stratégique de l’Europe par la définition d’une doctrine commune, un renforcement considérable des capacités des armées européennes et de leur coordination. L’AEC refuse l’Europe de la défense, miroir aux alouettes, antidémocratique, otanienne et inefficace depuis toujours
  • Un plan de mobilisation civile pour renforcer notre résilience en préparant en profondeur l’État aux crises, en relocalisant les filières essentielles, en renforçant les stocks stratégiques, en recensant les compétences des Français volontaires pour être mobilisés en cas de crise grave et les capacités des entreprises clés. Doublement du nombre de réservistes opérationnels dans nos armées d’ici 2027. L’Avenir en commun propose la refonte des réserves actuelles grâce à une conscription citoyenne

Migrations

  • Aller au bout de la réforme de Schengen pour renforcer nos frontières européennes. L’AEC propose de sortir de l’impasse de la politique de Schengen et Frontex
  • Créer une «  force des frontières  » pour renforcer nos frontières nationales. Plutôt que la création de forces aux contours flous, l’AEC propose de lutter contre les causes des migrations forcées. Il faut remettre en cause les accords commerciaux inégaux, qui ruinent les pays du Sud et causent les migrations, lutter pour la paix et contre le changement climatique, pour éviter les exils forcés pour cause de guerre et limiter le nombre de migrants climatiques
  • Poursuivre la refonte de l’organisation de l’asile et du droit au séjour pour décider beaucoup plus rapidement qui est éligible et expulser plus efficacement ceux qui ne le sont pas. L’AEC propose d’accueillir dignement les migrants. Les migrants sur le territoire français doivent être accueillis dignement, dans des centres d’accueil suffisamment nombreux et répartis sur tout le territoire. Il propose également de créer un guichet unique pour toutes les procédures

Chapitre 14 : Nouvelles frontières de l’humanité

Numérique

  • Achever la couverture numérique du territoire par la fibre d’ici 2025.
  • Généraliser l’enseignement du code informatique et des usages numériques à partir de la 5e. Si l’Avenir en commun n’est pas opposé à cette idée, il est d’abord nécessaire d’assurer à l’école les moyens nécessaires pour remplir sa mission
  • 20 000 accompagnateurs pour aider les Français qui en ont besoin dans la maîtrise des outils numériques et leurs démarches quotidiennes. L’AEC propose de déployer un service public de proximité pour accompagner les 20 % de Français en difficulté avec le numérique (illectronisme)
  • Une augmentation des moyens de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information pour renforcer la capacité de lutte et de soutien cyber aux entreprises françaises. La proposition manque de précision
  • Un contrôle parental des écrans des enfants systématiquement proposé à l’installation, afin de limiter leur accès aux réseaux sociaux. Cette proposition a été votée en janvier
  • Transformer l’État par le numérique : « TousAntiCovid » a montré comment les procédures pouvaient ainsi être simplifiées. La grande majorité des Français a donc refusé de voir ses mouvements traqués en permanence par une application, et ses données collectées. Il ne s’agit donc pas d’un succès. L’AEC propose de garantir le maintien de guichets et de formulaires papier malgré la dématérialisation des services publics et la transformation numérique des administrations

Mer

  • Une grande stratégie maritime pour notre pays, deuxième puissance du monde en la matière, construite avec tous les acteurs (pêcheurs, navigateurs, chercheurs, etc.). Macron se contente de promettre d’organiser une conférence réunissant les acteurs du domaine. Il ne donne aucune idée précise, aucune piste de réflexion, quand l’AEC propose de remettre en question la pêche industrielle, de protéger les zones maritimes riches en biodiversité ou encore d’interdire l’exploitation des hydrocarbures dans les grands fonds.

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